SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL
Prévenir les risques de chutes, un enjeu majeur pour l’entreprise
Table des matières
LES RISQUES DE CHUTES EN ENTREPRISE
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Risque de chutes en entreprise : Anticiper pour ne plus tomber
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en France, une chute survient toutes les deux secondes dans le milieu professionnel. On dénombre 100 décès par an suite à une chute entraînent près de 600 incapacités permanentes (avec un taux ≥ 20 %).
Qu’elles soient de hauteur ou de plain-pied, les chutes ne sont pas une fatalité liée à la maladresse, mais le résultat de facteurs de risques identifiables et évitables.
La chute de plain-pied
Le risque « invisible » mais omniprésent
Bien que souvent banalisée ou réduite à une simple maladresse, la chute de plain-pied représente une réalité alarmante en entreprise : elle constitue la première cause de chutes au travail avec 15 % des accidents recensés.
Contrairement aux idées reçues, ses conséquences sont loin d’être anodines. Ce risque, présent dans tous les secteurs d’activité, est majoritairement alimenté par des facteurs techniques identifiables : dans 50 % des cas, l’état du sol est directement en cause (surfaces humides, marches non signalées ou défectueuses).
À cela s’ajoutent l’encombrement des zones de circulation par des câbles ou du matériel, ainsi qu’un éclairage défaillant masquant les obstacles. Enfin, la dimension organisationnelle joue un rôle crucial : la précipitation lors des déplacements et une gestion insuffisante de la propreté des sols multiplient les probabilités d’un accident qui aurait pu être évité.
Focus sur la chute de hauteur
Une menace fatale en entreprise
La chute de hauteur ne se résume pas à une simple erreur de parcours ; elle représente une gravité immédiate dont les conséquences sont trop souvent irréversibles.
Ce risque constitue la deuxième cause d’accidents du travail au sens large et la troisième cause spécifique (12 %). Surtout, elle demeure l’une des plus meurtrières. Cette sévérité se traduit concrètement par un coût direct moyen élevé de 4 400 € par accident, contre 3 500 € pour le plain-pied, reflétant l’importance des lésions.
L’usage d’échelles ou d’escabeaux comme postes de travail prolongés est une erreur fréquente. Ces outils sont des moyens d’accès (pour monter ou descendre) et non des plateformes de travail sécurisées. Les interventions sur les toitures, les mezzanines ou les quais de déchargement constituent des points critiques où l’absence de protection collective (garde-corps, balisage) ne pardonne pas.
Pour contrer cette réalité, le levier de prévention est clair : la loi et les bonnes pratiques imposent de donner la priorité absolue à la protection collective (garde-corps, nacelles, plateformes sécurisées) avant d’envisager des équipements individuels comme les harnais.
Les chutes dans les escaliers
Le risque spécifique
Bien qu’elles puissent être classées dans les chutes de hauteur, les chutes dans les escaliers font l’objet d’un suivi particulier en raison de leur fréquence élevée.
Une mauvaise conception des marches (hauteurs irrégulières), l’absence de mains courantes, ou encore la réalisation de manutentions manuelles tout en montant ou descendant.
Les facteurs de risques
Pour prévenir, il faut savoir observer. Les causes sont rarement isolées, elles se cumulent :
Facteurs environnementaux et matériels
Sols défectueux : Carrelage gras, zones humides, sols encombrés par des câbles ou des cartons.
Éclairage insuffisant : Zones d’ombre masquant une marche ou un obstacle.
Équipements inadaptés : Utiliser une chaise à la place d’un marchepied sécurisé.
Facteurs organisationnels et humains
La précipitation : Le stress et l’urgence poussent à prendre des raccourcis dangereux.
Le manque de formation : Ne pas savoir monter un échafaudage ou ignorer les règles de circulation.
La coactivité : Plusieurs métiers travaillant sur une même zone sans coordination.
Quelle responsabilité pour l’employeur ?
La prévention des chutes n’est pas une option, c’est une obligation légale ancrée dans le Code du Travail.
L’employeur doit assurer la santé physique et mentale des travailleurs. Cela passe par l’évaluation des risques consignée dans le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP).
La loi impose de privilégier les garde-corps, filets ou nacelles avant d’envisager les protections individuelles (harnais).
En cas d’accident, la responsabilité de l’entreprise peut être engagée, notamment pour “faute inexcusable” si le risque était connu mais non traité.
Le “Coup de Pouce” – La subvention Prévention Chutes
C’est la grande nouveauté pour accompagner les TPE et PME. Depuis le 1er juin 2025, l’Assurance Maladie Risques Professionnels a lancé une aide financière spécifique pour aider les entreprises de 1 à 49 salariés à investir dans des équipements de sécurité.
La prévention des chutes n’est pas seulement une obligation légale, c’est un levier de performance pour l’entreprise en évitant les désorganisations liées aux arrêts de travail prolongés.
– Montant de l’aide : 50 % du montant HT de l’investissement
– Plafond : Jusqu’à 25 000 €
– Équipements éligibles : Plateformes de travail, sécurisation de quais, sols antidérapants, escaliers sécurisés, etc.

